Vivre après les prises de conscience
Il arrive un moment où comprendre ne suffit plus, où certaines choses ont été vues, où certaines illusions se sont fissurées et certains mécanismes sont devenus difficiles à ignorer.
Et pourtant, la vie continue, avec ses choix à poser, ses relations à habiter et son quotidien à traverser.
C’est depuis cet endroit que ce livre s’écrit.
"Et maintenant ?" s’écrit depuis l’après, après les prises de conscience, après les grands mots et les compréhensions qui déplacent quelque chose à l’intérieur, sans toujours dire comment vivre ensuite avec ce qui a bougé.
Il explore une question simple, et parfois inconfortable dans sa sobriété : Je fais quoi de tout ça maintenant ?
Je fais quoi de ce que j'ai compris ?
Comment j'aime maintenant ?
Comment je choisis ?
Comment je contribue au monde ?
Comment je reste vivante alors que certaines histoires ne tiennent plus ?
Ce texte témoigne d’une traversée en cours, d’une manière très située de vivre avec certaines prises de conscience, ici et maintenant, sans prétendre qu’elles soient intégrées, stabilisées, ou définitives.
Tu y trouveras une parole au présent, qui doute, qui tremble, qui observe, qui goûte de nouveaux états sans chercher à les figer ; une parole qui laisse apparaître les différentes parts en soi qui s’activent quand la lucidité engage vraiment la vie : celle qui voit, qui hésite, qui résiste, qui désire encore, qui joue, qui a peur, qui tente de devenir plus souveraine sans se durcir.
"Et maintenant ?" pourrait te parler si :
tu as déjà eu des prises de conscience importantes, et que tu te demandes quoi en faire concrètement ;
tu ressens un décalage entre ce que tu comprends et la manière dont tu vis encore ;
tu ne cherches plus des réponses, mais un espace pour penser, sentir et traverser ;
tu te poses cette question, parfois à voix basse : et maintenant, je fais quoi avec tout ça ?
Ce livre risque de te décevoir si tu attends des solutions claires, des réponses nettes, ou une promesse de paix durable. Il ne garantit rien, sauf une présence honnête.
J’ai choisi l’auto-édition pour ce livre. Cela me permet de garder une liberté totale sur le texte, le rythme, la forme et la manière dont il arrive dans le monde.
Concrètement, cela implique de réunir un minimum de pré-ventes afin de pouvoir financer l’édition du livre dans de bonnes conditions.
La pré-vente n’est donc pas une étape “marketing”, mais une condition très concrète pour que ce livre puisse exister.
NB : Pour toute commande hors France métropolitaine, un surplus te sera demandé pour l'envoi postale du livre.
NB 2 : Pour toute commande de plusieurs exemplaires, merci de me contacter directement.
Ce livre ne cherche pas à t’emmener quelque part.
Il ne promet pas un après plus lumineux.
Il ouvre simplement la question : Et maintenant ?
EXTRAIT 1
J’écris ce livre en cherchant encore à comprendre. Je lis, j’écoute, j’observe, je traverse, je décortique, et plus j’avance, plus quelque chose devient clair : comprendre éclaire beaucoup de choses, et cette clarté ne dit pas toujours comment vivre ensuite avec ce qui se révèle.
Les compréhensions viennent avec le temps, par couches successives, par déplacements intérieurs discrets, au fil de petits basculements qui s’ajoutent les uns aux autres, sans point d’arrivée, sans moment où l’on pourrait dire que ça y est, que tout est su, que tout est intégré.
Une question revient alors : qu’est-ce que j’en fais, maintenant, de tout ça ?
J’écris depuis cet endroit précis, là où certaines choses se clarifient par moments, et où la vie continue pourtant à me demander des gestes très ordinaires : me lever le matin, répondre ou non à un message, rester dans une relation ou m’en retirer, dire oui, dire non, dire stop, sentir ce qui s’agite à l’intérieur de moi sans toujours savoir comment l’honorer.
J’écris après les phrases inspirantes et les enseignements de la vie qui ouvrent des portes intérieures sans dire comment vivre une fois le seuil franchi avec cette sensation étrange d’avoir vu plus clair, sans me sentir pour autant plus guidée. La clarté ne me rassure plus, et la vie continue pourtant à me demander des changements très concrets. Les portes sont ouvertes, les pièces sont là, et je circule dedans avec hésitation, parfois avec élan, parfois avec maladresse, consciente que ce que je vois aujourd’hui rend certaines manières de faire plus difficiles à tenir, sans pour autant me donner une marche à suivre claire.
Sur mon chemin, j’entends aussi des paroles qui résonnent fort pour moi à certains moments, et qui viennent toucher des endroits sensibles, parfois très profonds, parce qu’ils rencontrent quelque chose de vivant à l’instant où je les reçois. Ils mettent de la clarté là où tout semblait confus, soutiennent certaines traversées, déplacent des structures intimes qui étaient bien figées bien solides. Ils laissent derrière eux une forme d’inconfort fécond : une fois que quelque chose se révèle, continuer comme avant devient alors plus compliqué.
Ce qui se révèle change peu à peu ma manière d’aimer, de me taire, de rester, de partir, sans que ce changement ne soit ni linéaire ni maîtrisé. Une fois que quelque chose se révèle et devient visible, la pulsion de vie appelle à une forme de cohérence, non comme un idéal à atteindre, mais comme une tension vivante qui traverse le corps, les choix, les relations, le désir, et qui se rappelle à moi chaque fois que je m’éloigne trop de ce que je sens juste.
Je continue de lire, d’écouter, de m’imprégner. Ces paroles travaillent encore en moi, parfois en douceur, parfois en frottement, parfois en désordre. Il y a des jours où une clarté joyeuse circule, et d’autres où je ressens très nettement l’écart entre ce que je vois et ce que je vis encore, entre ce qui se comprend et ce qui reste difficile à incarner. À cet endroit précis, le corps sait quelque chose, confusément, et agir demande de renoncer à certaines sécurités affectives, à certaines images rassurantes, à certaines habitudes qui tenaient lieu d’équilibre.
EXTRAIT 2
Qu’est-ce que j’espère encore que l’amour apaise en moi ?
À quels moments est-ce que j’ai aimé en donnant beaucoup tout en attendant quelque chose sans le nommer ?
Qu’est-ce que je confie encore au lien que je n’ose pas porter seule ?
À quels endroits est-ce que mon amour se charge d’une mission silencieuse : réparer, tenir, soulager, confirmer ?
Quand l’intensité monte, est-ce que je reste présente à moi, ou est-ce que je m’appuie sur l’autre pour me réguler ?
Qu’est-ce que le manque cherche encore à résoudre à travers l’amour ?
Suis-je prête à aimer sans que l’amour ait à me sauver, me réparer ou me garantir quoi que ce soit ?
Il fut un temps où, pour moi, aimer avait quelque chose de profondément engageant. Aimer signifiait alors donner, comprendre, accueillir, s’adapter, faire de la place. J’aimais en prenant soin, en rassurant, en nourrissant le lien. Et sincèrement, je croyais aimer depuis un endroit très juste, très ouvert, très profond. Je ne me disais jamais que j’attendais quelque chose en retour. Au contraire, je me vivais comme la femme qui donnait librement et sans condition. J’aimais l’autre pour ce qu’il était, pensais-je, et je faisais de mon mieux pour qu’il se sente à l’aise, reconnu, accueilli, aimé. Cet amour-là n’était pas faux. Il était sincère et investi.
Je ne pensais pas aimer pour être sauvée. Je pensais aimer pour aimer. Et longtemps, cette image de moi a tenu. Elle me rassurait. Elle donnait un sens noble à mon engagement. Elle me permettait de croire que je donnais depuis un endroit suffisamment vaste pour ne rien attendre. Et pourtant, quelque chose a commencé à se fissurer par petites prises de conscience successives. À mesure que certaines relations avançaient, je sentais apparaître un épuisement étrange, difficile à nommer, qui ne venait pas du don lui-même, mais de ce qui restait en suspens.
J’ai commencé à voir alors que l’amour n’efface pas tout. Il n’efface pas mes peurs, ni ne dissout mes manques, et il ne comble pas certaines attentes plus anciennes. Et cette vision-là est déstabilisante, elle m’a piquée, parce qu’elle ne remet pas en cause mon amour, mais ce que j’en attendais sans le savoir. Ce que je découvre, avec un mélange de douceur et de gêne, c’est que derrière mon désir de prendre soin, il y avait parfois une attente silencieuse, une espérance diffuse. En rendant l’autre à l’aise, j’espérais peut-être être enfin choisie sans avoir à le demander. En portant ses fragilités, j’espérais peut-être qu’il devienne assez solide pour rester.
Je ne me vivais pas comme quelqu’un qui voulait être sauvée. Je me vivais comme quelqu’un qui sauvait. Et c’est précisément ce renversement qui m’a déplacée. Voir que, sous cette posture généreuse, il pouvait y avoir une attente de reconnaissance, de sécurité, ou de réciprocité, a été inconfortable, parce que ça venait toucher l’image la plus noble que j’avais de moi. Prendre conscience de ça ne m’a pas rendue honteuse. J’ai compris que mon amour n’était ni faux, ni intéressé, ni manipulatoire. Il était simplement chargé d’une attente que je n’avais pas encore, de la capacité de reconnaître, une attente discrète qui cherchait une issue digne.
À cet endroit, l’amour cesse d’être un refuge, non pas parce qu’il devient froid ou distant, mais parce qu’il ne peut plus servir à réparer ce ce qui ne lui appartient pas. Je ne peux plus me cacher derrière l’intensité, ni derrière la fusion, ni derrière le fait de donner beaucoup pour éviter de demander. Aimer après cette conscience m’oblige à voir ce que j’attends encore de l’autre, même quand je me raconte que je n’attends rien : être rassurée, confirmée, reconnue dans ce que je donne, et être aimée en retour. Ces mouvements ne disparaissent pas. Ils se montrent. Et les voir change tout. Il y a une perte à cet endroit, la perte de l’amour comme solution implicite, comme espace où tout trouverait naturellement sa place. Cette perte est progressive. Et parfois, elle me laisse plus nue que je ne l’aurais voulu.
Aimer sans promesse de réparation est devenu alors un espace d’apprentissage exigeant : aimer sans croire que le lien viendra réparer ce qui a été blessé ailleurs, aimer sans faire de l’autre un lieu de salut, même inconscient. Ça rend l’amour plus “réel”, je crois.
Le manque n’a pas disparu. Il est toujours là, mais il a perdu certaines histoires. Je ne peux plus vraiment lui raconter qu’il sera comblé par la relation juste, la personne juste, ou encore le grand amour, le juste. Le manque devient une donnée de l’existence, parfois inconfortable, parfois simplement présente. [...]
EXTRAIT 3
À toi,
Je te vois quand la question du travail surgit, quand l’envie d’agir s’accompagne du besoin d’exister clairement dans le monde. Je te sens quand tu cherches une place, une légitimité, une utilité visible, quand faire devient une manière d’être quelqu’un.
Je te remercie. Grâce à toi, j’ai construit, j’ai persévéré. Tu m’as donné une direction quand tout semblait flou. Tu m’as aidée à m’incarner, à créer, à contribuer, à ne pas rester figée dans l’indétermination.
Tu as été une gardienne de l’engagement. Tu as porté le sens et l’effort. Tu as cru que ce que je faisais parlait de qui j’étais, et cette croyance m’a longtemps structurée.
Je reconnais la fatigue que tu portes. Porter une identité te demande de la tenue permanente, celle de tenir une image et une cohérence. Être à la hauteur de ce que je fais devient un travail en soi.
Je vois que tu confonds parfois engagement et définition. Je vois que tu aimerais que ce que je fais dise ma valeur, ma place, mon importance et combien cette attente crée une pression subtile, constante, exigeante.
Je ne te demande pas de cesser d’agir, de renoncer à la création ou de perdre l’élan. Je te propose de devenir une alliée du geste juste, qui agit depuis l’élan plutôt que depuis l’identité, celle qui crée sans chercher à prouver, et qui contribue sans se raconter.
Tu peux continuer à aimer le travail bien fait et tu peux continuer à soutenir la persévérance. Tu peux aussi te reposer sur moi.
Je prends désormais la responsabilité de mon existence. Je ne te demande plus de me définir, ni de me rendre légitime.
Je sais aujourd’hui que je suis plus vaste que ce que je produis, que je traverse des formes, des projets, des créations, sans m’y enfermer. Tu peux te détendre. Tu peux agir avec joie et t’engager sans te crisper.
Cheminons ensemble, toi au service de l’élan, moi au service de la fidélité intérieure. Et dans cet accord nouveau, le travail redeviendra peut-être un espace de circulation vivant.
Je m’appelle Anaïs.
J’ouvre des espaces pour s’écouter, s'explorer, ressentir, se reconnaître.
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